Gaza (technique mixte, 104 x 77) est une oeuvre de Toos van Liere datée de 2000. La photographie est de Jean Guy-Ségard.
Je vous recommande également la lecture de l’article d’Ivan Sigg : Obama et Gaza.
Que voyez-vous vraiment ?
Gaza (technique mixte, 104 x 77) est une oeuvre de Toos van Liere datée de 2000. La photographie est de Jean Guy-Ségard.
Je vous recommande également la lecture de l’article d’Ivan Sigg : Obama et Gaza.
Que voyez-vous vraiment ?
19 commentaires
Oui, bien… Heureusement qu’il n’y a pas eu d’attentat au Kenya, parce que si c’est juste une question d’opportunisme, cette toile aurait aussi bien pu s’appeler Nairobi. Ou Mombasa tiens, ça sonne mieux non ?
Ce premier commentaire démontre, si cela était nécessaire, l’importance de la charge émotionnelle dans nos réactions.
J’ai modifié l’article pour ajouter un lien vers l’article d’Ivan Sigg intitulé : “Obama et Gaza” et poser à nouveau la question traditionnelle du site : “Que voyez-vous vraiment ?”
Bonne journée à tous !
Bonjour Gilles,
je comprends ton étonnement et ta réflexion sur ce que projettent le peintre (et le spectateur)sur l’oeuvre. cette observation est essentielle il me semble si l’on veut comprendre.
Tiens, un petit jeu simple, qu’est-ce que tu vois toi sur cette oeuvre ?(couleurs, formes, construction, plans, figures, mouvement, technique, lumière, symboles )
j’attends avec curiosité ta réponse.
Les commentaires précédents me font réagir : et la Paix dans tout cela, l’Amour, de soi, de son prochain ? Chacun a sa propre Vérité, mais la Vérité n’appartient à personne, elle est.
Ce qui m’étonne, c’est que cette peinture est d’une criante actualité, alors qu’elle date de 2000. On dirait que le personnage se fait bombarder… L’oppression à Gaza était apparemment déjà bien écrasante avant les bombardements de cet hiver.
J’y vois le mouvement, comme souvent dans les peintures de Toos. Il me suggère une danse. Serait-ce la jubilation du Vivant encore debout ? Un espoir donc…
Sans détour, sans circonlocution, j’y vois subjectivement un lanceur de pierres comme on en a tant vu dans les images de presse, symbole inversé du David contre Goliath (Gaza n’est pas un titre innocent). Ceci pour le figuratif.
Ce que j’y vois aussi c’est une lutte formelle entre figuration et abstraction, par la construction des formes qui semblent être fort travaillées.
Cette œuvre est un combat du sens un quête en quelque sorte dont la couleur terreuse qui l’entoure ne laisse aucun doute à la notion de racine.
Voici donc un travail intelligent qui s’approprie le factuel. Le danger réside dans l’appropriation politique (pour ou contre?)
Moi, j’y vois un jeune homme lançant des pierres contre un ennemi armé de blindés et de bombes.
La volonté d’exprimer sa rage, même si on sait qu’on est impuissant. Pourvu que cette dernière guerre fasse réfléchir le monde et que quelque chose de positif en résulte pour le peuple palestinien. Très beau tableau !
Ik zie omarming in de leegte, heel intens, dichtbij.
Zelf dankbaar om alle mensen die zich zo betrokken voelen en verlangen naar wereldvrede.
Alliance, des-alliance, mutation, flou artistique gravé dans le roc
Bonjour Van Nugteren
Tu écris “Moi, j’y vois un jeune homme lançant des pierres contre un ennemi armé de blindés et de bombes”.
Tu penses ou tu vois ? La nuance me semble très importante. Cette peinture fait-elle surgir des images mentales accumulées dans ta mémoire ou bien vois tu vraiment sur la toile :
un jeune homme ?
qui lance des pierres ?
contre un ennemi armé ?
blindés et bombes ?
N’est-ce pas la réaction de ta mémoire qui produit ces images qui viennent se glisser entre toi et l’oeuvre ? Cette mise à distance, te permet elle de comprendre l’oeuvre et ce que tu es dans l’instant où tu la regardes ?
Tu écris ensuite : “La volonté d’exprimer sa rage, même si on sait qu’on est impuissant”. Là, tu nous parles de toi ou de l’oeuvre qui est en face de toi ?
Puis-je partager le présent avec toi si tu mets toute ton énergie dans des ré-actions (volonté,rage,impuissance) et non dans une attention sans comparaison et sans jugement ?
Tu finis par : “Pourvu que cette dernière guerre fasse réfléchir le monde et que quelque chose de positif en résulte pour le peuple palestinien”
Est-ce la peinture qui t’entraine si loin ? Ou bien son titre GAZA et ta pensée qui réagit à ce titre ?
Finalement, la pensée ne nous empêche-t-elle pas de VOIR ?
N’est-ce pas dans notre capacité à nous écouter ici-même, à être attentif à voir ce qui est et à le partager, que nous pouvons commencer à comprendre ce qui se joue tout là-bas ?
merci pour tes réflexions
art-micalement
Ivan Sigg
Il n’y a pas de visage, les traits qui font les jambes et les pieds sont exagérés, les bras pas terminés…
Oui, c’était une période ou j’ai évoluée vers plus d’abstraction dans mes peintures, tout en m’efforcant de saufgarder le concret.
Aujourd’hui je n’y vois plus le garçon qui m’a inspiré au départ. J’y vois plus un etre qui se détache de ce qui l’entoure. Je sens la transformation possible. ‘C’est un tableau qui tient toujours debout’, disait mon ancien prof. Toma ROATA récemment.
Merci à ceux qui ont voulu croiser les regards. Merci aux artistes qui lancent l’initiative ‘GAZA ON MY MIND’
Merci Toos van Liere d’avoir pris la parole et merci pour votre explication ouverte et pleine de modestie et bravo pour votre engagement !
Par ailleurs, et ceci ne vous concerne bien sûr pas, marre d’une censure dictatoriale tentant de nous imposer une manière de voir nous empêchant de ressentir et de penser ! j’en tremble tant c’est navrant…
Bonjour Norbert,
Je me suis posé des questions sur l’approche éditoriale proposée…
Ivan a écrit un article à ce sujet “laisser un commentaire ou dire ce que je vois” qui a susciter une réaction de Michèle parlant de ségrégation et de formatage… finalement assez proche, je crois, de votre retour… Enfin vous me direz ce que vous en pensez… Un Jour Une Oeuvre doit aussi être capable d’évoluer en fonction des contributions de ses visiteurs… Un peu difficile… Intéressant n’est-ce pas ?
Voilà ce que j’ai dis en retour :
Ségrégation… Formatage… Votre commentaire me dit que nous sommes probablement maladroit dans notre entreprise d’incitation à regarder. Car il s’agit bien d’une volonté d’inciter à partager les regards sur les oeuvres et pas d’une volonté de contraindre.
L’expérience de l’attention véritable est tellement belle que nous voulons la partager. La volonté n’est pas d’empêcher les contributions, mais d’aider leurs auteurs à se dépasser, à dépasser leurs peurs de dire ce qu’ils voient.
Je vous remercie de votre retour qui nous est indispensable pour progresser !
Gilles, back again, mieux vaut tard…
Ce que je vois vraiment dans cette œuvre? Pardon, si la technique m’impressionne la disséquer m’ennuie. Je ne suis qu’un modeste instinctif. J’y vois – puisqu’on parle de paix – j’y vois feu mon grand-père, le long d’un mur à l’ombre des platanes, et son ample geste pour armer un de ces magistraux carreaux que bien peu réussissaient comme lui les après-midi de pétanque endiablée. On est loin de Gaza, c’est pas plus mal, et laissons l’art soi-disant engagé aux peintres en bâtiment!
“Un tableau qui tient debout” (Toma Rata).C’est peut être le meilleur et le plus exact de tous les commentaires et un sacré compliment.
Norbert , je tremble à l’unisson de vous
et vos propos m’assurent que nous sommes multiples à ressentir la chamade et ( ” tarte à la crême faite avec de la mémoire fouettée et du beurre de conditionnement” ,formule sévère lue sur une page ultérieure
Gilles,Michèle et d’autres ,j’aspire,comme vous à ce que chacun puisse au travers de ce site se dire comme il le veut; mutualité enrichissante .Alexis,merci pour ces pages de lumière quotidiennes
BRAVO !
Bacon, Velickovic, Music et bien sûr Le Greco !!!!!!!
Bien joué Toos Van Liere !
Merci de votre réponse Alexis. Je constate que d’autres partagent mon avis et en suis soulagée… En retour, je suggère respect et tolérance.
On recommanderait de regarder une oeuvre, d’y remarquer des tombereaux de détails puis d’en faire la description sur le site mais on laisserait aussi chacun s’y exprimer sur ce qu’il ressent ou interprète sans le rabrouer ou le moquer (et de quelle manière condescendante parfois). Respectons-nous simplement. Ou alors il faut fermer l’accès aux commentaires si c’est pour réfuter tout ce qui ne va pas dans le même sens que le credo éditorial.
J’ai lu le dialogue dans l’article de I.Sigg auquel vous faites référence. Certains passages sont vraiment méprisants à l’égard des internautes (“”Et quelle attitude avoir avec ceux qui veulent être quotidiennement présent sur un site et montrent qu’ils savent aligner dix adjectifs qualificatifs émotionnels sur n’importe quelle production humaine ? N’est-ce pas ça le bavardage permanent de la pensée qui se rassure et tient le réel à distance ?”" etc.) et c’est bien dommage.
Je veux rajouter cependant combien je suis contente de voir chaque jour une oeuvre d’art différente et quel plaisir j’éprouve à faire des recherches pour en suggérer de nouvelles. Bel échange également non ? Merci Alexis ! Fabienne (via le site de Norbert)
ps: le commentaire d’auj de Fbrahimi sur Un vieil homme est un bel exemple : il ne décrit pas l’oeuvre mais quelle empathie il déclenche ! on partage aussi.